A la découverte du féminin primitif

par | Août 1, 2022 | Archéologie et Histoire du féminin | 0 commentaires

Qu’est-ce que ce féminin primitif…. ?

Encore un truc de féministe pour dire que le partriarcat c’est d’la merde, etc ?

Non.

Même si c’est vrai, que la redécouverte du féminin primitif est dû au mouvement féministe des années 70 qui a impulsé une revisite de la Préhistoire et de l’Histoire. Le féminin et le masculin ont tout deux leur place, et sont complémentaires. On en parle d’ailleurs dans cet article CLIC.

Le but ici est simplement de réajuster l’Histoire, largement falsifiée par la vision chrétienne et conservatrice des découvreurs de XXème siècle.

De faire découvrir aux femmes, leur juste place dans ce monde. Au dela de ce que le monde en a fait.

Quand je dis que je réajuste, je n’invente rien. Je partage les données historiques et archéoloogiques des 20 dernières années. Tout simplement….. (Rah Bibi….)

Car grâce à l’archéologie (notamment grâce à l’archéologie des sexes) et à la féminisation du métier d’archéologue, de nouvelles données sur les femmes préhistoriques s’offrent à nous.

On découvre au fil des années, un autre rôle pour la femme préhistorique (ou non), que celui décrit par les préhistoriens du XXème siècle.

On y découvre une femme puissante, respectée et parfois, adorée !

Découverte….

 

 

 

 

Le culte de la déesse préhistorique ?

 

 

Alors attention, c’est le moment d’étaler ma confiture, euh ma culture =)

Instant Archéo : ON

A l’époque des chasseurs-cueilleurs préhistoriques, on retrouve des traces d’art dans les grottes et des sculptures féminines préhistoriques. Cette époque est appelé le Paléolithique, c’est-à-dire l’âge de la pierre taillée.

Le Paléolithique couvre une période trèèèèèèèès longue de la Préhistoire : de 3 000 000 à 10 000 ans BP (BP veut dire Before Present, soit avant le présent, et non avant Jesus-Christ qui renvoit à l’an 0, donc il y a 2023 ans).

Sachant que, de ce qu’on sait aujourd’hui, l’être humain anatomiquement moderne le plus ancien vivait au Maroc (Homme de Jebel Hiroud) il y a 300 000 ans, et qu’il est arrivé en Europe il y a 50 000 ans environ.

Le Paléolithique est découpé en plusieurs périodes : Paléolithique inférieur, moyen et supérieur, pour facilité son étude et sa compréhension.

Ces périodes sont divisées en « cultures » différentes en fonction de l’évolution de l’Homme, de ses outils et de son art.

Tu suis toujours ?

La période qui nous intéresse ici est le Paléolithique supérieur – soit la période la plus récente – et se divise en 4 « cultures » :

  • La culture de l’Aurignicien de 43 000/37 000 à 24/22 000 ans BP, qui voit émerger les premières statues anthropomorphes (mi-humain mi-animal) et la sublime grotte de Chauvet.
  • La culture Gravétienne de 28 000 à 22 000 ans BP, qui voit la réalisation des premières « Venus primitives », les « chapeaux » filelt/coquillages.
  • La culture Solutréenne de 22 000 à 19 000 ans BP.
  • La culture Magdaléenne de 17 000 à 10 000 ans BP, qui voit naître les décoration de la grotte de Lascaux.

Fichier:Frise Chronologique du Paléolithique.png

    La période gravétienne voit donc émerger des « Vénus préhistoriques ».

    Quelques modèles encore plus anciens sont parvenus jusqu’à nous (Vénus de Berekhat Ram et de Tan-Tan) mais ils sont beaucoup plus rares et controversés. On va donc se concentrer sur les « Vénus » de la période Gravétienne par rigueur scientifique.

    Voici ci-dessous, quelques exemples des créations de « Vénus » les plus remarquables. Ma préférée est la « Vénus de Willendorf » dont j’ai une réplique sur mon bureau (la 2ème en partant de la gauche).

    Je te reparlerais des « Vénus préhistoriques » en détail dans un article à part, l’idée ici est plus d’analYser le féminin primitif dans son essence même.

     

    Vénus parade (création 2021-22)

     

    Cette dénomination de « Vénus » est contestée par les préhistoriens, c’est pour cela que je la mets entre guillemets.

    Car, non seulement, elle induit une vision religieuse ou spirituelle intrasèque. Aussi, on ne sait pas si les Humains préhistoriques les voyaient comme des divinités ou pas.

    On ne sait pas vraiment si ces statuettes représentaient des déesses. Si c’est la femme, le corps de la femme, la force créatrice, la sexualité ou le pouvoir de donner la vie qui est représenté. Mais toujours est-il qu’une forme de respect de la femme était existant, car il y a beaucoup plus de statuettes féminines, que de statuettes masculines dans la Préhistoire.

    Certains archéologues rejettent l’idée de culte féminin lié à ces « Vénus ». Il est vrai qu’il n’existe pas de preuves directes, c’est impossible. Il n’y a que des faits et des preuves indirectes que l’on interprête du mieux que l’on peut à la lumière de nos connaissances, mais surtout notre éducation et nos filtres.

    Et c’est là que le bas blesse.

    Notre vision du féminin, de base, est biaisée. Car dans toutes les cultures du monde, une femme qui brille est une femme dangereuse.

    Je ne peux m’empecher de voir, à travers ces statuettes, une forme de déification et de respect infini de la Femme.

    On serait alors loin de l’image de la femme primitive qui balayait sa grotte et n’en sortait que peu pendant que l’homme fort partait à la chasse.

    Est-ce que ce serait possible ?

    Pour cela reposons le contexte.

    Nos ancêtres n’étaient pas stupides.

    L’être humain primitif était connecté à son environnement, il était extrêmement intuitif. Il savait quelle plante utiliser pour se soigner, comprenait les animaux (calme-toi je n’ai pas dit qu’il leur parlait, il les comprenait, nuance), s’identifiait même à eux comme le prouve certains dessins pariétaux.

    Il honorait et déifiait ce qui le dépassait.

    Or quoi de plus déconcertant, qu’une femme qui saigne à chaque cycle comme un animal mis à mort et qui survie ?

    Quoi de plus déconcertant qu’un ventre qui s’arrondit et créer la vie ?

    Quoi de plus déconcertant qu’un être humain sortant de la vulve d’une femme, relié à elle par un cordon ?

    L’Humain non conditionné par la civilisation utilise la spiritualité pour expliquer l’inexplicable. Et ce depuis toujours.

    Alors pourquoi l’homme primitif n’aurait pas déifié la Femme pour expliquer ce qui lui semblait inexplicable ?

    Voici un exemple de déficiation moderne très intéressant, parmi tant d’autres, qui appuye cette hypothèse.

     

     

    Le cas du « culte du Cargo »

     

    En 1942, alors en pleine guerre mondiale, les américains et japonais utilisent les îles Mélanésiennes pour créer des bases de ravitaillement.

    Ces îles, situées en Océanie, de la Papouasie-Nouvelle-Guinnée aux îles Fidji, abritaient des indigènes qui n’avaient jamais eu accès à la technologie moderne et ne connaissaient pas notre mode de vie moderne.

    Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés face à des blancs (déjà pour eux, c’était chelous, car ils ont la peau noire) qui

    • avaient des machines volantes ;
    • avaient juste besoin de dire quelques mots devant les machines pour les activer. Comme des magiciens ;
    • et avaient de la nourriture et des vêtements à profusion alors qu’ils ne les fabriquaient pas !

    Cette réalité – qui les dépassait – rejoignait aussi leurs propres légendes et mythologie. Cela à suffit à ces peuples indigènes pour créer un culte, une religion baptisée ironiquement « le culte du cargo ».

     

    À la recherche de Melody Nelson – les cultes du cargo de Nouvelle Guinée –  CASOAR │ Arts et Anthropologie de l'Océanie

     photo prise d’un exemple d’avion reproduit par les clans locaux.

     

    Ils ont reproduit les avions et les tours de contrôle en bambou et ont créé des rituels pour faire revenir les avions des hommes blancs. Leur culte est bien plus élaboré que cela, je schématise pour aller à l’essentiel.

    Si tu veux en savoir plus, voici une courte vidéo, extraite d’une docuementaire de 1962. Soit 20 ans après, le culte persistait encore !

     

     

    Cette histoire peut prêter à sourire, cependant elle est très intéressante d’un point de vue anthropologique car elle explique la création de nouveaux cultes, de nouvelles religions.

    Cela démontre tout à fait la capacité de l’Humain à déifier ce qu’il ne comprend pas.

    Dans ce cas, qu’est-ce qui empechait l’Humain préhistorique de ne pas déifier la femme ?

    Cet être qui crée et donne la vie.

    D’autant plus que lors des grandes explorations et du colonialisme du XIXème siècle, il a été découvert plusieurs peuples indigènes qui ignoraient le rapport entre sexualité et paternité ! Ce qui fait penser à certains archéologue et antrophologues que ça pouvait aussi être la cas à l’époque primitive.

    Le culte le plus ancien au monde est le culte des ancêtres ainsi que celui de la Déesse Mère.

    Certaines archéologues des années 70 comme Marija Gimbutas, ou l’auteure Merlin Stone, grande défendeuse de la théorie du culte de la déesse Mère, pensaient que ces deux cultes étaient liés.

    Car le culte des ancêtres ferait référence à la mère, de la mère, de la mère, de la mère, pour revenir à la Première Mère Nourricière Originelle.

     

     

    Si cette théorie de la Déesse Mère, de la déification de la femme ne te convainc pas, voici des données plus factuelles sur le rôle de la femme de la Préhistoire.

     

     

     

     

    L’archéologie du XIXème siècle

     

     

    Ce sont les « archéologues » du XIXème siècle qui ont fait les 1ères découvertes d’Humains et d’objets préhistoriques comme les fameuses « Vénus ».

    Il faut comprendre que l’archéologie à ce moment-là, n’en est qu’à ses débuts. Il n’existe pas de métier d’archéologue à proprement parlé. Cette discipline regroupait surtout des propriétaires de terrain et des prêtres.

    Que des hommes !

    Dans leur interprétations des découvertes, ils sont appliqués ce qu’ils vivaient eux-mêmes, ce qu’ils connaissaient par leur éducation et leurs modèles sociaux. C’est-à-dire un schéma parternel, conservateur, de la famille.

    Donc, ils ont inconsciemment calqués leur vision du monde binaire (Homme au travail/Femme à la maison) à leurs découvertes.

    A cette époque, le pensée dominante était que le rôle naturel de la femme était d’être au fourneau. Il fallait maintenir cette idée pour ne pas créer de vague.

    Aujourd’hui, il est admis que plusieurs cultures préhistoriques ont coexisté. Certaines étaient sûrement patriarcales, mais pas toutes.

    D’après Melin Stone et les partisantes de la théorie de la Déesse Mère, la majorité étaient matrialinéaires. Voire matriarcale, mais cela est TRES contesté.

     

    Entre cette vision patriarcale de la femme primitive, et sa version féministe, où se situe la vérité ?

     

     

    Les femmes chasseuses et femmes guerrières ?

     

    Aujourd’hui, il est admis scientifiquement que les femmes chassaient aussi : la chasse n’était pas reservé qu’à l’homme pendant que la femme s’occupait du camps.

    Comment le sait-on ?

    Avec les technologies actuelles, les scientifiques et les archéologues peuvent approndir les recherches et aller toujours plus loin dans la datation des objets et squelettes.

    Parmi les outils révolutionnaires dans l’étude de nos ancêtres, la paléogénétique a boulversé maintes idées reçues. Il s’agit de l’étude génétique de l’ADN des Hommes préhistoriques.

    Cette discipline, très difficile de part la fragilité de l’ADN fossile, a notamment permis de découvrir que beaucoup de tombes considérés comme celles d’hommes sont finalement des tombes de femmes.

    Une des plus célèbres est la tombe de Birka dans le Sud-Est de la Suède. Découverte en 1878, elle a tout de suite était cataloguée comme la tombe d’un homme car elle contenait des armes et des chevaux sacrifiés.

    Une tombe de guerrier respecté et honoré pour sûr !

    Finalement, c’est la tombe d’une femme du Xème siècle. Haha !

    Encore, plus loin en arrière, à l’époque primitive qui nous intéresse ici, il y a l’exemple de la tombe de la Dame du Cavillon, découverte le 28 mars 1872 par Emile Rivière à la frontière franco-italienne.

    Ce squelette, baptisé « l’homme de Menton » initialement, a été prit pour les restes d’un homme car le squelette était robuste, avec des traces de fortes attaches musculaires. Mais aussi parce que le corps était orné de beaux apprêts.

    Or, la croyance veut que ce soit que les chefs qu’on orne ainsi. Et, pour le XIXème siècle, les chefs ce sont forcément des hommes. Hein.

    C’est alors que Marie-Antoinette de Lumley, préhistorienne, tombe sur ce squelette à la fin des années 90.

    Elle découvre que ce squelette de l’Homme de Menton a un bassin féminin c’est alors que des études sont relancées 120 ans après sa découverte !

    Et PAF, ça a fait des Chocapic !

    Cette tombe de la Dame du Cavillon et bien d’autres que je t’exposerai sur ce blog, prouve donc que :

    – les femmes primitives étaient enterrées avec le même respect que les hommes. Ce qui démontrent qu’elles avaient aussi un rôle important dans les sociétés préhistoriques. Qu’elles avaient une place essentielle dans le clan, puisqu’elles sont superbement ornées dans les tombes.

    – Les femmes étaient aussi robustes que les hommes, donc elles pratiquaient les même activités qu’eux. Qu’elles étaient puissantes physiquement, musculairement. Ce qui sous-tend qu’elles chassaient aussi très certainement, et c’est logique ! Il fallait mobiliser toutes les ressources du clan pour mener à bien la chasse. Le gibier n’avait pas la même taille qu’aujourd’hui ! D’ailleurs, il n’y avait que peu de dysmophisme homme/femme à ce moment là, car ils avaient accès tous au mêmes ressources alimentaires. C’est plus tard que ça se corse, à l’âge de bronze avec l’agriculture

    On en reparle dans un autre article.

     

    Bref, toutes les découvertes faites, en cours ou à venir vont encore nourrir ce sujet passionnant de ce féminin primitif.

    Loin d’être un être faible, cantonnée au camps, elle était respectée pour ce qu’elle est avant tout : un être humain au même titre que les autres !

    Et encore, cette vision est purement historiques et archéologiques. Il existe aussi des visons plus spirituelles de ce féminin puissant, libre, sauvage car il s’agissait d’un être humain créateur de vie !

    Sans la Femme et sa descendance, le clan est mort.

    Donc si nos ancêtres étaient finalement respectées, puissantes et brillantes, pourquoi pas nous ?

    Pourquoi ne pas enfin nous libérer de ces voiles de mensonges qui nous empêchent de briller ?

     

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